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Pierre Allard : « Nos territoires ne peuvent plus se permettre d’être déçus par la gauche »

14 10 2011

Dans une «tribune» parue mercredi dans L’Humanité, Pierre Allard (Maire ADS de Saint-Junien et conseiller général), revient sur le basculement à gauche du Sénat qu’il qualifie de «véritable résistance démocratique» à la politique menée contre les collectivités territoriales conjuguée à celle engagée au niveau européen pour dépouiller les parlements nationaux de leur autonomie budgétaire et les contraindre à l’orthodoxie de la «compétitivité» et de la casse sociale.

Voici le texte complet de Pierre Allard :

Maire d’une commune limousine, Vice-président d’une communauté de communes et Conseiller général de Haute-Vienne, je ne faisais pas partie des « grands » électeurs appelés aux urnes dimanche 25 septembre. Cependant mes fonctions me placent, avec les autres élus locaux, au coeur du bouleversement que connaissent actuellement nos territoires. Aussi, si j’avais eu à voter, j’aurai moi-aussi donné ma voix pour le changement de majorité au Sénat. Voir la politique anti-sociale de Nicolas Sarkozy sanctionnée tout autant que sentir dans notre pays un nouveau souffle démocratique en permettant au Sénat de basculer à Gauche pour la première fois depuis un demi-siècle, auraient été des motivations essentielles de mon vote, comme tous les élus de gauche.

Mais plus encore, mon vote aurait été à l’unisson de beaucoup de grands électeurs, et de la sourde colère des collectivités locales contre les réformes du Président Sarkozy, une colère qui va bien au delà des clivages partisans habituels.

Cette crise de confiance trouve ses racines dans « l’acte 2 de la décentralisation », portée en 2004 par le très libéral premier ministre d’alors, M. Raffarin, qui a fait basculer les charges de l’Etat sur les collectivités locales sans les compensations nécessaires. Puis, ce fut la RGPP ou encore la réforme de la taxe professionnelle – dont les seuls gagnants sont les grandes entreprises et leurs actionnaires. Le gel des dotations d’Etat et plus encore la réforme des collectivités territoriales ont poursuivi cet étranglement des services publics locaux tout en consacrant une vision libérale des territoires.

Les conséquences de cette politique sont ressenties partout en France, allant de la ghettoïsation des banlieues dans les grandes métropoles, à l’asphyxie de l’hospitalisation publique et de l’éducation nationale, au risque d’enclavement mortifère des territoires ruraux privés de tout. Ne nous leurrons pas, c’est, au fond, des mêmes causes dont souffrent ces territoires : le désengagement de l’Etat et son renoncement à maintenir un tissu de services publics essentiels.

Si l’Etat avait, au contraire, porté une reforme dont l’ambition soit la création de nouvelles solidarités et de nouveaux moyens de développements, l’arrivée d’un Président de gauche au plateau n’aurait pas été aussi certaine. Dit autrement, si nos gouvernants avaient réellement voulu engager une réforme à la hauteur des nouveaux enjeux sociaux, économiques et environnementaux qui bouleversent notre monde, et en cohérence avec ce principe républicain fondamental de l’égalité des territoires – qui fait la force et l’originalité de notre organisation institutionnelle, sans doute le jour historique du 25 septembre 2011 n’aurait pas eu lieu.

Je suis d’autant plus à même à critiquer cette réforme que l’Etat vient d’accorder à la ville de Saint-Junien, le label « Pole d’excellence Rurale ». Si l’Etat sait encore faire montre – comme nous en sommes l’exemple – d’une politique qui soutient les projets des collectivités, les actions engagées par les différents gouvernements de droite depuis maintenant 7 ans rendent l’aide aux collectivités non plus solidaire et normale dans une logique républicaine d’égalité des territoires, mais devient l’enjeu d’une concurrence sourde entre les territoires.

En juxtaposant la politique menée contre les collectivités territoriales à celle engagée au niveau européen pour dépouiller les parlements nationaux de leur autonomie budgétaire et les contraindre à l’orthodoxie de la « compétitivité » et de la casse sociale, on est au cœur de la signification politique de ce basculement du Sénat à gauche : une véritable résistance démocratique !

Des victoires à venir, annoncées par le basculement du Sénat à gauche, les élus locaux comme l’ensemble de la société française attendent plus encore : une politique qui donne vraiment les moyens aux collectivités de leur émancipation territoriale, en leur donnant les moyens de remplir leur rôle de protection et de solidarité. Aujourd’hui comme demain, nos territoires ne peuvent plus se permettre d’être déçus par la gauche ! Réciproquement la Gauche ne peut pas se permettre de décevoir les territoires !

Pierre ALLARD


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